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Carole Fontaine photographe |
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Ha, Hasard, quand tu nous tiens.
Ici, des extraits de textes, romans, réflexions philosophiques et diverses sur le sujet du Hasard, incompressible face à l’esprit rationnel, pour lui rendre hommage sans doute.
Et aussi des propos d’auteurs et des notes intimes, qui par leurs contextes hasardeux (ou non) et urbains me sont chers.
Fred Vargas – « Pars vite et reviens tard, roman policier ». « ….- C’est la touche de déséquilibre qui fait que l’œuvre est œuvre et non pas décor, proposa-t-il. Que l’artiste propose une réflexion et non un papier peint. C’est la part manquante, le trou de la serrure, l’inachevé, l’introduction du hasard. - Hasard falsifié, rectifia Adamsberg. - L’artiste doit fabriquer lui-même le hasard…….. »
Morris et Goscinny – Lucky Luke « La diligence ». Le révérend Sinclair Rawler : « Le jeu de hasard est répréhensible, mon frère, repentez-vous…. ».
Christian Garcin « des jubilations du hasard », roman. Propos extraits de « L¹Humanité » , édition du 3 février 2005
Charles Baudelaire. Chaque époque a son port, son regard, son sourire et c’est le devoir du peintre d’observer ses particularités qui forment un tout d’une complète vitalité. La modernité c’est le transitoire, le fugitif, le contingent*. Elle consiste à dégager dans la mode ce qu’elle peut contenir de poétique dans l’historique. Pourtant cette saisie aiguë de l’instant, cette conscience presque douloureuse du transitoire n’est que la moitié de l’Art ; l’autre moitié est l’éternel et l’immuable. Au cœur même de l’instant, il existe une postulation qui échappe au temps et que dans la saisie des particularités d’un lieu ou d’un moment se révèlent des lois immuables, des accords inchangés. Et c’est le privilège du grand artiste dans l’apparence du temps qui passe de ressaisir une vérité essentielle qui ne passe pas. *Contingent : latin contingere, arriver par hasard.
Sol Lewitt. A l’exposition de ses dessins, au Moma-avril 1995 « There are several ways of constructing a work of Art. One is by making decisions at each step, another by making a system to make decisions. »
Carole Fontaine, 1999 – Dans le RER,avec le carnet de croquis. « Disposer de 3 ou 4 minutes, sur une perspective inconnue, voilà c’est ça le dessin vivant. Car ce qui est vivant, c’est le Temps que vous partagez, cette bataille avec le Juste Trait. Ce n’est même pas avec le modèle qui lui est ailleurs, dans ses pensées. » « Attendre » ce dit « esperar » en portugais, joliment contemplatif, non ?
Guy Debord, 1954 – La ville, territoire de l’artiste. À propos des dérives urbaines : « Les grandes villes sont favorables à la distraction que nous appelons dérive. La dérive est une technique du déplacement sans but ; elle se fonde sur l’influence du décor. »
Mimmo Jodice, 1934 – Naples. « Naples est la photographie…Aux parcours en surface, faits de ruelles et d’églises, de cloîtres et de cours – théâtre où chaque jour se représente le « métier de vivre » - correspond le ventre antique de la ville souterraine, labyrinthe de catacombes, et de dessous d’escaliers, brûlant d’une activité frénétique, ingénieuse et dénuée de préjugés, un épuisement de visages jeunes ou vieux que les sociologues nomment le travail au noir. »
André Breton. À propos de l’écriture automatique : L’écriture automatique et les récits des rêves présentent l’avantage de fournir des éléments d’appréciation de grand style à une critique désemparée, de permettre un reclassement général des valeurs lyriques et de proposer une clé capable d’ouvrir indéfiniment cette boite à multiple fond qui s’appelle l’homme.
Jean Baudrillard, Platon , Cartier-Bresson. A l’exposition de ses photographies – FNAC 1999 … « L’image dépend de l’instant, immédiatement révolu. Les meilleures photos gardent quelque chose de cette surprise d’avoir capté la lumière de l’objet mais en même temps d’avoir été saisi par elle. L’image dit PLATON est au croisement de la lumière qui vient de l’objet et de celle qui vient du regard….. …Car c’est l’objet qui nous voit, c’est l’objet qui nous rêve. C’est le monde qui réfléchit, c’est le monde qui nous pense. Telle est la règle fondamentale. Car l’illusion ne s’oppose pas à la réalité. La photographie, c’est notre exorcisme. La société primitive avait ses masques, la bourgeoisie ses miroirs, nous avons nos images. Nous croyons forcer le monde par la technique, mais par la technique, c’est le monde qui s’impose à nous et l’effet de surprise de ce renversement est considérable……. La photographie a un caractère obsessionnel, caractériel, extatique et narcissique. C’est une activité solitaire. L’image photographique est discontinue, ponctuelle, imprévisible et irréparable, comme l’état des choses à un moment donné. Toute retouche prend un caractère abominablement esthétique. …..Vous produisez le monde comme événement singulier sans commentaire. Les images numériques et vidéo se produisent en temps réel, le cinéma est animé de toute l’énergie du mouvement . Quels que soient bruits et violences qui l’entourent, la photographie rend l’objet à l’immobilité et au silence. En pleine confusion urbaine, elle recrée l’équivalent du désert, un isolement. Elle est la seule façon de parcourir les villes en silence, de traverser le monde en silence. » «Saisir les gens dans leur rapport à eux-mêmes, c’est-à-dire dans leur silence » - CARTIER BRESSON.
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